Question : Le piercing du nombril est-il autorisé pour
la musulmane ?
Réponse : Bon nombre de oulémas contemporains (parmi les
hanafites et les hambalites notamment) sont d'avis qu'il est permis à la
femme de se faire percer uniquement les parties de son corps où le port de bijou
est habituel depuis l'époque de la Révélation, c'est à dire les oreilles.
1 Percer d'autres endroits du
corps (comme les sourcils, la lèvre, la langue, le nombril...)
n'est ainsi pas autorisé selon eux, étant donné que cela constitue une
atteinte injustifiée à l'intégrité physique (s'apparentant ainsi à une
sorte d'automutilation - mouthlah), ce qui, en soi, est condamné en Islam.
Par ailleurs, ces savants soulignent que le piercing
des lèvres, du nombril etc. est une habitude qui est surtout présente chez des
groupes d'individus qui véhiculent des valeurs opposés à l'Islam et qui adoptent
des attitudes allant à l'encontre de la morale musulmane. Cet avis est notamment
celui du
Jamee’atul Mufteen d'Afrique du Sud (Conseil des Mouftis de douze centre de Fatâwa), Moufti Mouhammad Ibn Âdam Kawthari (Angleterre) et de
Cheikh Ibn Djibrîn (Arabie Saoudite).
Certains pensent pour leur part qu'étant
donné qu'il n'existe pas de texte qui interdise explicitement à la femme de se
faire percer le nombril et d'y porter un anneau, cette pratique n'est pas
harâm (strictement interdit), pour peu qu'il soit établi que cela
n'entraîne aucun risque pour sa santé. C'est là l'opinion du
Dr Muzammil Siddiqui (Etats-Unis / Consultant du site islamonline) et
de
Cheikh Ahmad Kutty (Canada / Autre consultant du site islamonline).
Cependant, il est essentiel de souligner
que tous les oulémas s'accordent pour considérer
qu'il est obligatoire à la femme de cacher son nombril du regard de
n'importe quel homme (autre que l'époux). De même, selon les
mâlékites, les châféïtes et une partie des hanafites, il
n'est pas permis à la femme d'exposer son nombril en présence d'une femme non
musulmane. A partir de là, même si on accepte d'envisager l'avis autorisant le
piercing du nombril, celui-ci ne pourra
en aucun cas être réalisé par une personne de sexe masculin, ni par une femme
non musulmane selon bon nombre de savants.
Reste maintenant la question de savoir si
ce piercing peut être réalisé par une
musulmane... A ce sujet, il faut savoir qu'il existe des divergences entre les
oulémas concernant les limites de la 'awrah (partie du corps qu'il est
nécessaire de dissimuler) entre femmes musulmanes:
-
Les oulémas des
quatre écoles (hanafite, châféïte, mâlékite et hambalite) sont d'avis
que la 'awrah dans ce cas est la partie comprise entre le nombril et
les genoux: Selon eux, le nombril ne fait donc pas partie des parties qu'il
est nécessaire à la femme de cacher en présence d'une autre musulmane...
(Néanmoins, selon un avis rapporté de l'Imâm Ach Châféï (rahimahoullâh) -qui
ne semble cependant pas faire autorité chez les châféïtes- le nombril est
compris dans la 'awrah ?? Réf: "Al Madjmou'")
-
Certains savants
soutiennent que la femme ne peut découvrir en présence d'une autre musulmane
que son visage, sa tête, son cou, ses épaules, ses bras, ses pieds, ses
mollets,... (c'est-à-dire les mêmes parties du corps qu'elle peut découvrir
devant un proche parent, comme son fils, père ou son frère): Selon eux
donc, il est interdit à la femme d'exposer son nombril à la vue d'une autre
musulmane, sauf en cas de nécessité.
Sur cette question de
la limite de la 'awrah, en considérant les arguments présentés par les
deux groupes de oulémas, le second avis semble être celui qui présente le
plus de précaution et qui respecte le plus les orientations et enseignements
concernant le devoir de pudeur énoncés dans nos références premières. Wa
Allâhou A'lam ! Suivant cette opinion, le
piercing du nombril de la femme ne peut donc pas être réalisé non plus
par une musulmane.
Il ne reste donc plus que deux
possibilités pour la réalisation d'un tel piercing -si on admet bien entendu sa permission: Que la femme se la
fasse elle-même, ou qu'elle le fasse faire par son époux.
Wa Allâhou A'lam !
Notes :
1- Et le nez,
éventuellement, selon certains oulémas, pour la femme qui vit dans un endroit où
le fait d'y porter une petite boucle est habituel et courant chez les
musulmanes.
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