Question : Il me semble avoir entendu parler d'un Hadith dans lequel le
Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) dirait que les femmes
sont limitées au niveau de la raison et dans la pratique religieuse.
Qu'en est-il réellement ?
Réponse: Ce à quoi vous faites allusion est effectivement
une portion de Hadith qui a été rapporté par Boukhâri et Mouslim.
Pour comprendre le sens et la portée de ces propos du
Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam), la première chose à faire est
de le replacer dans son contexte:
A ce sujet, il est rapporté en ce sens, qu'une fois, le Prophète Mouhammad (sallâllâhou
alayhi wa sallam) se rendit au "Moussalâ" (lieu à l'extérieur des limites de
la ville où était accomplies les prières des jours de fêtes) pour accomplir
la prière d'une des deux fêtes religieuses (Ide oul Fitr ou Ide oul Aadhâ). Il
se dirigea alors vers les femmes qui étaient présentes et leur fit un petit
sermon, leur recommandant de multiplier les aumônes. Après leur avoir expliqué
la raison de ses dires, il fit cette remarque :
"Je n'ai jamais vu personne qui, tout en présentant un
manquement au niveau de la raison et de la pratique religieuse, arrive autant à
faire perdre sa raison à l'homme résolu que l'une d'entre vous."
Commentaires: Il est tout à fait normal que lorsqu'une
femme entend ce genre de propos, elle soit étonnée et elle cherche à comprendre
le sens réel de ce que le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) a
dit. En fait, ce fut exactement la même réaction qu'eurent les femmes des
Compagnons (radhia Allâhou anhoum). En effet, comme ces propos pouvaient être
considérés comme une critique à leur égard, elles voulurent connaître la raison
qui motivait ces paroles, ce qui les conduisit à questionner le Prophète
Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) à ce sujet. Le Hadith raconte:
Elles dirent: "Et quelle est donc ce manquement qui existe
chez nous au niveau de la pratique religieuse et de la raison, Ô envoyé d'Allah
?"
Commentaires: Cette question de leur part montre bien
leur étonnement par rapport à ce qu'elles avaient entendu le Prophète Mouhammad
(sallâllâhou alayhi wa sallam) dire. Ce qui laisse supposer que c'était la
première fois qu'elles entendaient ce qui pouvait être considéré comme étant une
critique à l'égard de leur personne et de leur pratique religieuse, d'où
leur étonnement.
Le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) répondit:
"N'en est-il pas ainsi que le témoignage de deux d'entre vous (dans certains
domaines) est semblable à celui d'un homme." Elles répondirent: "En effet…" Le
Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) dit alors: "C'est là son
manquement en matière de raisonnement." Le Prophète Mouhammad (sallâllâhou
alayhi wa sallam) ajouta: "N'en est-il pas ainsi que pendant ses menstrues, elle
ne prie et ne jeûne pas." Elles répondirent: "Tout à fait…" Le Prophète
Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) dit: "C'est là son manquement au niveau
de la pratique religieuse."
Commentaires: A travers son explication, le Prophète
Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) a bien montré que ce qu'il avait dit
précédemment ne constituait nullement une critique à l'égard des femmes. En
fait, il s'était basé sur un constat apparent (la femme, durant sa vie, prie
et jeûne moins que l'homme, et ce, en raison de ses menstrues) ainsi qu'une
règle coranique (la femme étant plus enclin à l'oubli dans les domaines qui
ne relèvent pas directement de sa compétence, le témoignage d'une seule d'entre
elle ne suffit pas dans lesdits domaines; il doit être accompagné par celui
d'une autre femme, et ce, dans un souci constant de justice) pour exprimer
son étonnement par rapport à une autre chose bien déterminée: que la femme
arrive quand même à surpasser la volonté de l'homme résolu. Donc, rappelons-le à
nouveau: Il ne s'agit en aucun cas pour le Prophète Mouhammad (sallâllâhou
alayhi wa sallam) de critiquer (et encore moins de reprocher) à la femme quoique
ce soit, alors que c'est Allah Lui-même qui a réduit sa responsabilité au niveau
de la pratique religieuse et de l'expression du témoignage… En d'autres
mots, comment pourrait-il en être autrement, alors que l'interdiction à la femme
de prier et de jeûner durant les jours de menstrues vient directement d'Allah ?
De même, comme nous le savons tous, la valeur d'une personne aux yeux d'Allah ne
vient pas de ses facultés physiques ou psychiques, mais de sa piété… Et cette
piété justement, elle découle de la sincérité qui anime l'individu lorsqu'il
prie ou jeûne et non pas du nombre de prières et de jeûnes accomplis…
Voici ce que je peux humblement vous dire par rapport à ce
Hadith.
"In Kâna Sahihan famin Allah wa in kâna khata'an faminni wa
minach chaytân"
Wa Allâhou A'lam !
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